L’ONU Publie un Premier Bilan de la BIOSPHÈRE

L’ONU Publie un Premier Bilan de la BIOSPHÈRE


L’ONU Publie un Premier Bilan

Les grands écosystèmes n’en peuvent plus L’ONU publie un premier bilan de la biosphère

Francoeur, Louis-Gilles

La planète Terre a franchi le seuil de la viabilité, selon une étude lancée par l’ONU dans le cadre des activités du Millénaire, car plus de 60 % des écosystèmes dont dépend notre espèce, comme l’eau potable et les pêcheries, ainsi que les contrôles de la qualité de l’air, de l’eau, des climats régionaux et des parasites se sont détériorés au point de dépasser le seuil de la viabilité.

L’étude qui sera divulguée ce matin par le Programme des Nations Unies pour l’ (PNUE), intitulée Rapport synthèse du Millénaire sur l’évaluation des écosystèmes, a été réalisée par 1300 experts de 95 pays grâce aux fonds environnementaux de l’ONU et de fondations privées notamment.

Elle en vient à la conclusion que la lutte contre la pauvreté, l’objectif central de la réunion politique du Millénaire, est désormais compromise par la détérioration des grands écosystèmes dont dépend la vie sur la Terre. La synthèse générale, qui sera publiée aujourd’hui à Genève et qui sera accessible sur Internet (www.millenniumassessment.org), sera suivie par la publication en trois étapes de la quinzaine d’analyses sur lesquelles elle se fonde. Ce bilan de l’état de la planète est le premier produit par les services onusiens depuis le rapport de la commission Brundtland publié en 1987, lequel avait donné lieu au .

Selon la synthèse produite par cette étude et les réserves faites par les chercheurs quant à la validité de leurs conclusions, 15 des 24 grands écosystèmes de la planète subissent actuellement des tels qu’ils sont susceptibles d’affecter sérieusement les humains. Ces changements en cours incluent l’expansion de nouvelles maladies et de parasites, des changements importants dans la disponibilité et la qualité de l’eau, la multiplication des zones côtières et marines «mortes», un déclin majeur des pêcheries et des changements importants dans les climats de différentes régions.

Quatre grands constats s’imposent, selon l’étude onusienne.

– Les humains ont modifié les écosystèmes davantage en 50 ans qu’à toute autre période de l’histoire en raison de la croissance des besoins alimentaires et des besoins en eau potable, en bois, en fibres et en combustibles. Depuis 60 ans, plus de terres et d’écosystèmes naturels ont été transformés en champs agricoles qu’au cours des XVIIIe et XIXe siècle réunis. Plus de la moitié de tous les engrais azotés synthétiques depuis 1913 ont été épandus dans les champs depuis 1985, soit depuis 20 ans. À cause de la destruction des habitats naturels qu’impose cette agriculture, de l’assèchement irresponsable des milieux humides et de la pollution, 12 % des oiseaux, 25 % des mammifères et au moins 32 % des amphibiens sont menacés de disparition au cours du prochain siècle, soit une multiplication par environ 1000 du rythme d’extinction historique.

– Les gains réalisés par les humains pour satisfaire leurs besoins et trop souvent leur appétit de luxe ont été réalisés aux dépens de ressources vitales pour des millions de vivants d’aujourd’hui et ceux des prochaines générations. Quatre ressources vivantes se sont néanmoins améliorées depuis 50 ans: les récoltes, le bétail et la aquicole ainsi que la séquestration de carbone. Mais, en contrepartie, deux grands «services naturels», soit les pêcheries et l’eau douce, ont franchi le seuil de l’exploitation insoutenable, ce qui fait que des sociétés vivent en rognant présentement le capital de la prochaine génération, comme les nappes souterraines.

– Les écosystèmes les plus critiques pour les humains semblent en voie de se détériorer au point de compromettre la lutte contre la pauvreté et l’indigence, adoptée comme objectif central du nouveau siècle par la communauté internationale en l’an 2000. Par exemple, la déforestation accroît les ravages de la malaria et du choléra en favorisant la dissémination d’agents pathogènes dans l’environnement.

– Le renversement de ces tendances exigera une modification radicale des politiques et des pratiques d’exploitation, des changements dont la plupart ne sont même pas encore en . Mais plusieurs bénéfices peuvent résulter d’un même : une politique de reforestation intensive va, par exemple, favoriser autant la faune, les réserves d’eau potable que le captage des gaz à effet de serre.

Mais les humains n’en sont pas là pour l’instant.

Leur ponction dans les réserves d’eau ont doublé depuis 1960 pour satisfaire leurs besoins d’irrigation, leurs besoins domestiques et industriels. Ils utilisent présentement entre 40 % et 50 % des eaux naturelles accessibles. Mais, dans certaines régions, comme au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, on utilise plutôt 120 % des résurgences naturelles, ce qui se traduit par un abaissement prononcé des nappes souterraines, un drame que subit aussi le sud des États-Unis. L’artificialisation des écosystèmes aquatiques en a pris aussi un coup dantesque: de 1960 à 2000, la quantité d’eau stockée derrière les barrages qui coupent les migrations aux espèces vivantes s’est élevée à un volume représentant de trois à six fois l’équivalent du volume total des cours d’eau (lacs exclus). En certains endroits, les ponctions sont si extrêmes que l’eau de fleuves comme le Colorado, le Nil et le Jaune, en Chine, n’atteint plus la mer!

Le quart de la surface du globe aurait jusqu’à aujourd’hui été artificialisée pour les fins de l’agriculture, selon le rapport de l’ONU. L’activité humaine engendre maintenant plus de produits azotés que tous les processus naturels réunis, et plus de la moitié de tout l’azote industriel a été produit et utilisé depuis 20 ans. Le résultat: l’apport d’azote dans les océans a doublé depuis 1860.

Par ailleurs, depuis 1980, 35 % des mangroves ont disparu, 20 % des récifs coralliens ont été détruits et une autre tranche de 20 % est menacée. La
surexploitation des ressources marines fait en sorte que les humains grugent désormais le capital plutôt que les intérêts annuels du quart de tous les stocks de poissons. Néanmoins, les volumes de prises continuent d’augmenter en raison de l’évolution des techniques utilisées, ce qui accentue le déclin d’espèces autrefois abondantes comme la morue. Mais, conclut ce bilan sombre de la planète, «le changement qui recèle le plus grand potentiel de perturbation de l’infrastructure terrestre est cette expérience chimique que les humains poursuivent dans leur atmosphère depuis un siècle et demi» par l’émission inconsidérée de gaz à effet de serre. Il en résultera un changement climatique dont l’ampleur est inégalée depuis 10 000 ans, affirme le rapport onusien, et cela dans un laps de temps si bref qu’un grand nombre d’espèces ne pourront pas s’y adapter.

Que faire alors?

Intégrer les coûts environnementaux dans le prix des biens et services, réduire le productivisme agricole, intégrer dans les mécanismes du marché une approche coût-bénéfices qui inclura les émissions de gaz à effet de serre et les rejets d’azote, introduire la protection des écosystèmes dans la totalité des politiques et des programmes gouvernementaux, inventer une agriculture moins dommageable pour les écosystèmes, restaurer les écosystèmes endommagés et passer massivement aux économies d’énergie et aux énergies douces.

Source

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